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PELADAN, Joséphin dit Sâr Merodack Joséphin. Curieuse !. 

Paris, Librairie de la Presse, 1886.

Un volume in-12 (171x109 mm), frontispice par F. Rops, (4)-iv-364 pages.  reliure : Demi percaline de l'époque. Petit manque en marge supérieure des feuillets préliminaires.

Edition originale.
Curieuse! est le second livre de la longue série de la Décadence Latine qui s’achèvera en 1907 avec 19 ouvrages.
Curieuse! commence à paraître en feuilleton dans l’Echo de Paris au cours de l’été 1885, ce qui « passionne et enchante » Guaita[1], mais, suscitant le scandale, la publication est arrêtée avant la fin de l’œuvre. D’après la correspondance Guaita, on sait que celui-ci corrige les épreuves de Curieuse! à la fin de 1885 et demande expressément à Péladan de lui envoyer un exemplaire de la 1ere édition [2]. Plus tard dans la correspondance, en 1888, Guaïta redemande à Péladan un exemplaire de qualité pour le faire relier, ses exemplaires de chevets étant trop fatigués [3], [4].
Envoi de Joséphin Péladan à Stanislas de Guaita sur la page de faux-titre : « A mon frère Nebo, Mon vrai public - & mon seul lecteur ésotérico-sentimental, Merodack ».
L’envoi de Péladan à Guaita est particulièrement intéressant.
C’est à la lecture en 1884 du Vice suprême, premier ouvrage de Péladan pour sa Décadence latine, que Stanislas de Guaita s’ouvre à l’occultisme et contacte le Sâr par une lettre du 11 novembre 1884 [5], une amitié forte naîtra alors entre les deux hommes. Péladan (Merodack) utilise dans cet envoi leurs noms d’initiés. C’est probablement au début de l’année 1886 que Péladan initie Guaïta aux secrets rose-croix, il prend alors le nom de Nebo. Merodack et Nebo, noms de rois babyloniens, sont aussi les noms donnés aux mages, héros du Vice suprême et de Curieuse! Dans ce dernier, le mage Merodack délègue ses pouvoirs à Nébo un de ses fidèles. « A travers celui-ci, l’ésotérisme intervient souvent dans le livre, imprégné de vocabulaire et d’allusions aux plus diverses traditions occultes » [6].

références: Caillet [III, 8441]
[1] Bertholet, Lettres inédites de Stanislas de Guaita au Sar Joséphin Peladan, Editions rosicruciennes, 1952 (Lettre 12).
[2] Id. (Lettre 18). [3] Id. (Lettre 49).
[4] L’exemplaire mentionné ici est sans doute celui du lot 189 de la vente Piasa du 7 novembre 2014.
[5] Id. (Lettre 1)
[6] Laurant, Les Péladan, L’Age d’Homme, 1990.
[7] Bechtel, Notules sur l’art de distinguer les ouvrages provenant des bibliothèques de monsieur Stanislas de Guaita. L’intersigne, 1998.
[8] Marchiset, Stanislas de Guaita, précurseur de l’occultisme, Editions du cosmogone, 2018.

provenance: La page de faux-titre porte deux tampons à l’encre bleue que Guy Bechtel attribue à Stanislas de Guaita. Il précise en outre que l’encre bleue est utilisée par Guaita principalement au cours de l’année 1886. Le tampon « Minerve » est quant à lui probablement celui de Péladan. Compte-tenu de l’unicité de la couleur de l’encre, entre l’envoi et les tampons, on peut supposer que c’est au cours d’une de leurs rencontres que Péladan donne cet exemplaire à Guaita et qu’ils le tamponnent tous deux de leurs ex-libris. A noter en bas de page une trace de paume de main à l’encre bleue sans que nous puissions dire s’il s’agit de l’empreinte de Guaita ou de Péladan.

Vendu

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