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Alchimie
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Ensemble de deux très rares ouvrages d'alchimie du seixième siècle

ZACAIRE [ZACHAIRE]. Jehan de la FONTAINE, Jehan de MEUNG, Nicolas FLAMEL. Opuscule très-excellent, de la vraye philosophie naturelle des metaulx, traictant de l’augmentation & perfection d’iceux, avec advertissement d’eviter les folles despences qui se font ordinairement par faute de vraye science ... Avec le traicté de .. Bernard Conte de la marche Trevisane sur le mesme subject.
Lyon, Benoit Rigaud, 1574.
Relié à la suite :
De la transformation métallique, trois anciens traictez en rithme françoise:
Assavoir,
La fontaine des amoureux de science : autheur J. de La Fontaine.
Les remonstrances de nature à l’alchymiste errant : avec la responce dudict alchym. Par J. de Mung. Ensemble un traicté de son Romant de la Rose, concernant ledict art.
Le sommaire philosophique de N. Flamel. Avec la défense d’iceluy art, & des honestes personnages qui y vaquent : contre les effortz que J. Girard mect à les outrager.
Lyon, Benoit Rigaud, 1589. 

Lyon, Benoit Rigaud, 1574-1589.

Deux traités d'alchimie reliés en un volume.


Le premier de Denis Zacaire est suivi d'un traité de Bernard le Trévisan.
Denis Zacaire a dépensé la fortune familiale dans la recherche de la pierre philosophale. Il avait noté dans un cahier des milliers de recettes extraites des textes alchimiques et avait engagé les fonds destinés à ses études de droit à l'achat d'un laboratoire.
Après des années de recherches infructueuses il rencontra un vieux sage qui lui conseilla d'arrêter de se disperser dans des procédés donnés par des personnages douteux et d'étudier plutôt les écrits des maîtres.
Peu de temps après avoir enfin réussi, il fût assassiné par un serviteur.
Son opuscule très-excellent de la vraye Philosophie naturelle des métaulx est un des traités fondementaux du corpus alchimique.
A partir de la page 170 se trouve le Livre de la Philosophie Naturelle des métaux de Bernard le Trévisan, autre alchimiste renommé, dont la persévérence n'a rien à envier à celle de Zacaire. La première édition a paru à Anvers en 1567.


Le deuxième ouvrage, "De la Transformation metallique" est un recueil de trois traités d'alchimie, "La fontaine de amoureux de sciences" de Jéhan de La Fontaine, "Les remontrances de nature à l'alchimiste errant avec la responce dudict alchymiste" de Jean de Meung et "Le sommaire philosophique" de Nicolas Flamel. L'ouvrage se termine par un intéressant texte : "Défense de la science vulgairement appelée Alchymie".
La première édition a paru à Paris en 1561.

Cette édition lyonnaise de 1589 chez Benoit Rigaud est de la plus grande rareté.
Aucun exemplaire dans les bibliothèques françaises d'après le catalogue collectif CCFR.
Baudrier ne cite que l'édition de 1590 (Un exemplaire, Cat. Coste n° 753).

Un alchimiste a copieusement annoté (écriture ancienne) l'ouvrage, apportant quelques éclaircissements à ces textes hermétiques.

Deux traités du cosmopolite reliés en un volume. 1618

[SENDIVOGIUS], [Sethon], Le Cosmopolite. Cosmopolite ou nouvelle lumière de la physique naturelle.
Relié avec le Traicté du soulphre, second principe de nature. 

Paris, Abraham Pacard, 1618.

Deux rares traités d'alchimie reliés en un volume.
Les deux volumes ont été édités en 1618 par Pacard.

Le premier : Seconde édition du "Cosmopolite ou nouvelle lumière de la physique naturelle" (première en 1609), en partie originale. En effet le texte a été augmenté du "Dialogue de Mercure, de l'Alchymiste et de la nature".
C'est cette version définitive qui a été régulièrement rééditée (en 1628 et 1629), puis sous le titre "Nouvelle lumière chymique" à partir de 1669 jusqu'à nos jours. C'est le seul ouvrage rédigé par le Alexandre Sethon dit "Le Cosmopolite"

Le second ouvrage est la première édition française du "Traicté du Soulphre". Rare édition qui manque à la plupart des collections (manque à Caillet, Dorbon, Fergusson) , in Duveen [542]
Cet ouvrage est habituellement attribué à Sendivogius.
On y trouve à la suite deux rares traités d'alchimie : "Oeuvre royalle de Charles VI. Roy de France" et le "Thrésor de Philosophie ou original du désir désiré de Nicolas FLAMEL. Livre très-excellent, contenant l'ordre & la voye qu'a observé ledit Flamel en la composition de l'Oeuvre physique, comprise sous ses figures hiérogliphiques. Extraict d'un ancien Manuscrit".

EXCEPTIONNEL ENSEMBLE DE TRAITÉS D'ALCHIMIE, RELIES EN VÉLIN D'ÉPOQUE.

Alchimie. Zacaire. 1574.
Opuscule très-excellent de la vraye Philosophie naturelle des métaulx.
Rare édition du XVIème siècle en plein maroquin

ZACAIRE, Denis. Opuscule très-excellent de la vraye Philosophie naturelle des métaulx, traictant de l’augmentation & perfection d’iceux, Avec advertissement d’éviter les folles despences qui se font ordinairement par faute de vraye science.... Avec le traicté de vénérable Docteur Allemand Messire Bernard Comte de la Marche Trevisane sur le mesme subject. 

Lyon, Benoist Rigaud, 1574.

Denis Zacaire a dépensé la fortune familiale dans la recherche de la pierre philosophale. Il avait noté dans un cahier des milliers de recettes extraites des textes alchimiques et avait engagé les fonds destinés à ses études de droit à l'achat d'un laboratoire.
Après des années de recherches infructueuses il rencontra un vieux sage qui lui conseilla d'arrêter de se disperser dans des procédés donnés par des personnages douteux et d'étudier plutôt les écrits des maîtres.
Peu de temps après avoir enfin réussi, il fut assassiné par un serviteur.
Son opuscule très-excellent de la vraye Philosophie naturelle des métaulx est un des traités fondementaux du corpus alchimique.
A partir de la page 170 se trouve le Livre de la Philosophie Naturelle des métaux de Bernard le Trévisan, autre alchimiste renommé, dont la persévérance n'a rien à envier à celle de Zacaire. La première édition a paru à Anvers en 1567.
BEL EXEMPLAIRE EN MAROQUIN.

Deux rares traités de chimie et d'alchimie. 1614

BEGUIN, Jean; [SENDIVOGIUS, Michael], [SETHON, Alexandre], Le Cosmopolite. Tyrocinium Chymicum e Naturae Fonte et manuali experimentia depromptum
Relié à la suite [SENDIVOGIUS]. Novum Lumen chymicum. 1614. 

Coloniae, Antonium Boëtzerum, 1614.

Rare edition (la première en 1610) du "Tyrocinium Chymicum" reliée avec la fameux "Novum Lumen chymicum".

Le "Tyrocinium" a été le traité le plus populaire de son époque et a connu plus de 50 éditions de 1610 à 1669.
Il traite de chimie et de iatrochimie. Béguin donne aussi la description de certaines substances chimiques, sans oublier de mentionner l'auteur de la découverte.

Le "Novum Lumen Chymicum" (première édition en 1604 à Prague et la première donnée par Beguin en 1608 à Paris) est l'un des plus célèbres traité d'alchimie.
Souvent attribuée à Sendivogius, cet ouvrage est en fait d'Alexandre Sethon, dit le Cosmopolite.

Alexandre Sethon passa sa vie à convaincre de la réalité de l'alchimie.
Complètement désintéressé, il alla de villes en villes pour convaincre les plus incrédules en réalisant des transmutations de plomb en or.
Sa notoriété fût croissante et il fut appelé à la cours de l'électeur de Saxe, Christian II, ou il réalisa une transmutation.
L'or obtenu résista à toutes les épreuves. Alors sommé de donner son secrêt. Sethon refusa, il fut tortuté puis emprisonné en vain.

Il fut libéré par Michael Sendivogius à qui il donna sa provision de pierre philosophale et ses manuscrits. Il succomba peu de temps après à ses blessures.
Après avoir épousé sa veuve, Sendivogius publia les traités de Sethon.

Voici le témoignage d'une transmutation réalisée devant les scientifiques Jacob Zwinger et Wolfgang Deinheim (in de Miberali medicina. Argentorati. 1610, retranscrit dans Figuier, "l'Alchimie et les Alchimistes").

« En 1602, écrit le docteur Dienheim, lorsqu'au milieu de l'été je revenais de Rome en Allemagne, je me trouvai à côté d'un homme singulièrement spirituel, petit de taille, mais assez gros, d'un visage coloré, d'un tempérament sanguin, portant une barbe brune taillée à la mode de France. Il était vêtu d'un habit de satin noir et avait pour toute suite un seul domestique, quel'on pouvait distinguer entre tous par ses cheveux rouges et sa barbe de même couleur. Cet homme s'appelait Alexander Sethonius.Il était natif de Molia, dans une île de l'Océan. A Zurich, où le prêtre Tghlin lui donna une lettre pour le docteur Zvinger, nous louâmes un bateau et nous nous rendîmes par eau à Bâle. Quand nous fûmes arrivés dans cette ville, mon compagnon me dit: -

« Vous vous rappelez que, dans tout le voyage et sur le bateau. vous avez attaqué l'alchimie et les alchimistes. Vous vous souvenez aussi que je vous ai promis de vous répondre, non par des démonstrations, mais bien par une action philosophique. J'attends encore quelqu'un que je veux convaincre en même temps que vous. afin que les adversaires de l'alchimie cessent leurs doutes sur cet art.»

On fut alors chercher le personnage en question, que je connaissais seulement de vue et qui ne demeurait pas loin de notre hôtel. J'appris plus tard que c'était le docteur Jacob Zvinger, dont la famille compte tant de naturalistes célèbres. Nous nous rendîmes tous les trois chez un ouvrier des mines d'or, avec plusieurs plaques de plomb que Zvinger avait emportées de sa maison, un creuset que nous prîmes chez un orfèvre, et du soufre ordinaire que nous achetâmes en chemin. Sethon ne toucha à rien. Il fit faire du feu, ordonna de mettre le plomb et le soufre dans le creuset, de placer le couvercle et d'agiter la masse avec des baguettes. Pendant ce temps, il causait avec nous. Au bout d'un quart d'heure. il nous dit: -

« Jetez ce petit papier dans le plomb fondu, mais bien au milieu, et tâchez que rien ne tombe dans le feu!...»

Dans ce papier était une poudre assez lourde, d'une couleur qui paraissait jaune-citron ; du reste, il fallait avoir de bons yeux pour la distinguer. Quoique aussi incrédules que saint Thomas lui-même, nous fimes tout ce qui nous était commandé. Après que la masse eut été chauffée environ un quart d'heure encore, et continuellement agitée avec des baguettes de fer, l'orfèvre reçut l'ordre d'éteindre le creuset en répandant de l'eau dessus ; mais il n'y avait plus le moindre vestige de plomb; nous trouvâmes de l'or le plus pur, et qui, d'après l'opinion de l'orfèvre, surpassait même en qualité le bel or de la Hongrie et de l'Arabie. Il pesait tout autant que le plomb, dont il avait pris la place. Nous restâmes stupéfaits d'étonnement ; c'était à peine si nous osions en croire nos yeux. Mais Sethonius, se moquant de nous :
-« Maintenant, dit-il, où en êtes-vous avec vos pédanteries ? Vous voyez la vérité du fait, et elle est plus puissante que tout, même que vos sophismes. » -

Alors il fit couper un morceau de l'or, et le donna en souvenir à Zvinger. J'en gardai aussi un morceau qui pesait à peu près quatre ducats, et que je conservai en mémoire de cette journée. Quant à vous, incrédules, vous vous moquerez peut-être de ce que j'écris. Mais je vis encore, et je suis un témoin toujours prêt à dire ce que j'ai vu. Mais Zwinger vit encore, il ne se taira pas et rendra témoignage de ce que j'affirme. Sethonius et son domestique vivent encore, ce dernier en Angleterre et le premier en Allemagne, comme on le sait. Je pourrais même dire l'endroit précis où il demeure, s'il n'y avait pas trop d'indiscrétion dans les recherches auxquelles il faudrait se livrer pour savoir ce qui est arrivé à ce grand homme, à ce saint, à ce demi-dieu.»

Jacob Zwinger, dont le docteur Dienheim invoque le témoignage, était médecin et professeur à Bâle ; en dehors de ces titres, il jouissait d'une haute réputation de science, et il laissa un nom très respecté dans l'histoire de la médecine allemande.
Cet irréprochable témoin mourut de la peste en 1610. Mais, dès l'année 1606, il avait confirmé jusqu'en ses moindres détails le récit de Jean Wolfgang Dienheim,dans une lettre latine qu'Emmanuel Konig, professeur à Bâle, fit imprimer dans ses Ephémérides.
La même lettre nous apprend qu'avant de quitter Bâle, Sethon fit un second essai dans la maison de l'orfèvre André Bletz, où il changea en or plusieurs onces de plomb. Quant au morceau d'or qu'il avait donné à Zwinger, on lit dans la Bibliothèque chimique de Manget, que la famille de ce médecin la conserva et le fit voir longtemps aux étrangers et aux curieux.

RARE ÉDITION DE L'UN DES TRAITÉS LES PLUS CONSIDÉRABLES DES CLASSIQUES DE L'ALCHIMIE.

Le Cosmopolite. Novum lumen chymicum. 1628

[SENDIVOGIUS, Michael], [SETHON, Alexandre], Le Cosmopolite. Novum lumen chymicum.
E natura fonte et manuali experientia depromptum in duas partes divisum. Quarum prior XII tractatibus de mercurio agit. Posterior de sulphure altero natura principio. Authorsum qui Divi Leschi Genus Amo. 

(Genève), Jean de Tournes, 1628.

On trouve dans cette rare édition genevoise : "De Mercurio. - Ad filios veritatis. Praefatio in a Aenigma Philosophicum. - Dialogus Mercurii, alchymistae et naturae. - Novis luminis chymici pars altera.
De Sulphure altero naturae principio.

Edition latine (publiée initialement en 1604) de l'un des plus célèbres traité d'alchimie.
Le nom de l'auteur donné sur la page de titre "Divi Leschi Genus Amo" est l'anagramme de Sendivogius, mais l'oeuvre est en fait d'Alexandre Sethon, dit le Cosmopolite.

Alexandre Sethon passa sa vie à convaincre de la réalité de l'alchimie.
Complètement désintéressé, il alla de villes en villes pour convaincre les plus incrédules en réalisant des transmutations de plomb en or.
Sa notoriété fût croissante et il fut appelé à la cours de l'électeur de Saxe, Christian II, ou il réalisa une transmutation.
L'or obtenu résista à toutes les épreuves. Alors sommé de donner son secrêt. Sethon refusa, il fut tortuté puis emprisonné en vain.

Il fut libéré par Michael Sendivogius à qui il donna sa provision de pierre philosophale et ses manuscrits. Il succomba peu de temps après à ses blessures.
Après avoir épousé sa veuve, Sendivogius publia les traités de Sethon.

Voici le témoignage d'une transmutation réalisée devant les scientifiques Jacob Zwinger et Wolfgang Deinheim (in de Miberali medicina. Argentorati. 1610, retranscrit dans Figuier, "l'Alchimie et les Alchimistes").

« En 1602, écrit le docteur Dienheim, lorsqu'au milieu de l'été je revenais de Rome en Allemagne, je me trouvai à côté d'un homme singulièrement spirituel, petit de taille, mais assez gros, d'un visage coloré, d'un tempérament sanguin, portant une barbe brune taillée à la mode de France. Il était vêtu d'un habit de satin noir et avait pour toute suite un seul domestique, quel'on pouvait distinguer entre tous par ses cheveux rouges et sa barbe de même couleur. Cet homme s'appelait Alexander Sethonius.Il était natif de Molia, dans une île de l'Océan. A Zurich, où le prêtre Tghlin lui donna une lettre pour le docteur Zvinger, nous louâmes un bateau et nous nous rendîmes par eau à Bâle. Quand nous fûmes arrivés dans cette ville, mon compagnon me dit: -

« Vous vous rappelez que, dans tout le voyage et sur le bateau. vous avez attaqué l'alchimie et les alchimistes. Vous vous souvenez aussi que je vous ai promis de vous répondre, non par des démonstrations, mais bien par une action philosophique. J'attends encore quelqu'un que je veux convaincre en même temps que vous. afin que les adversaires de l'alchimie cessent leurs doutes sur cet art.»

On fut alors chercher le personnage en question, que je connaissais seulement de vue et qui ne demeurait pas loin de notre hôtel. J'appris plus tard que c'était le docteur Jacob Zvinger, dont la famille compte tant de naturalistes célèbres. Nous nous rendîmes tous les trois chez un ouvrier des mines d'or, avec plusieurs plaques de plomb que Zvinger avait emportées de sa maison, un creuset que nous prîmes chez un orfèvre, et du soufre ordinaire que nous achetâmes en chemin. Sethon ne toucha à rien. Il fit faire du feu, ordonna de mettre le plomb et le soufre dans le creuset, de placer le couvercle et d'agiter la masse avec des baguettes. Pendant ce temps, il causait avec nous. Au bout d'un quart d'heure. il nous dit: -

« Jetez ce petit papier dans le plomb fondu, mais bien au milieu, et tâchez que rien ne tombe dans le feu!...»

Dans ce papier était une poudre assez lourde, d'une couleur qui paraissait jaune-citron ; du reste, il fallait avoir de bons yeux pour la distinguer. Quoique aussi incrédules que saint Thomas lui-même, nous fimes tout ce qui nous était commandé. Après que la masse eut été chauffée environ un quart d'heure encore, et continuellement agitée avec des baguettes de fer, l'orfèvre reçut l'ordre d'éteindre le creuset en répandant de l'eau dessus ; mais il n'y avait plus le moindre vestige de plomb; nous trouvâmes de l'or le plus pur, et qui, d'après l'opinion de l'orfèvre, surpassait même en qualité le bel or de la Hongrie et de l'Arabie. Il pesait tout autant que le plomb, dont il avait pris la place. Nous restâmes stupéfaits d'étonnement ; c'était à peine si nous osions en croire nos yeux. Mais Sethonius, se moquant de nous :
-« Maintenant, dit-il, où en êtes-vous avec vos pédanteries ? Vous voyez la vérité du fait, et elle est plus puissante que tout, même que vos sophismes. » -

Alors il fit couper un morceau de l'or, et le donna en souvenir à Zvinger. J'en gardai aussi un morceau qui pesait à peu près quatre ducats, et que je conservai en mémoire de cette journée. Quant à vous, incrédules, vous vous moquerez peut-être de ce que j'écris. Mais je vis encore, et je suis un témoin toujours prêt à dire ce que j'ai vu. Mais Zwinger vit encore, il ne se taira pas et rendra témoignage de ce que j'affirme. Sethonius et son domestique vivent encore, ce dernier en Angleterre et le premier en Allemagne, comme on le sait. Je pourrais même dire l'endroit précis où il demeure, s'il n'y avait pas trop d'indiscrétion dans les recherches auxquelles il faudrait se livrer pour savoir ce qui est arrivé à ce grand homme, à ce saint, à ce demi-dieu.»

Jacob Zwinger, dont le docteur Dienheim invoque le témoignage, était médecin et professeur à Bâle ; en dehors de ces titres, il jouissait d'une haute réputation de science, et il laissa un nom très respecté dans l'histoire de la médecine allemande.
Cet irréprochable témoin mourut de la peste en 1610. Mais, dès l'année 1606, il avait confirmé jusqu'en ses moindres détails le récit de Jean Wolfgang Dienheim,dans une lettre latine qu'Emmanuel Konig, professeur à Bâle, fit imprimer dans ses Ephémérides.
La même lettre nous apprend qu'avant de quitter Bâle, Sethon fit un second essai dans la maison de l'orfèvre André Bletz, où il changea en or plusieurs onces de plomb. Quant au morceau d'or qu'il avait donné à Zwinger, on lit dans la Bibliothèque chimique de Manget, que la famille de ce médecin la conserva et le fit voir longtemps aux étrangers et aux curieux.

RARE ÉDITION DE L''UN DES TRAITÉS LES PLUS CONSIDÉRABLES DES CLASSIQUES DE L'ALCHIMIE.

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